braniya chiricahua




L'ancien se meurt, le nouveau ne parvient pas à voir le jour. Dans ce clair-obscur surgissent des monstres.
Antonio Gramsci

lundi 4 août 2014

DÉMANTELER L’ÉTAT JUIF ET SON LOBBY


Mieux vaut un soldat mort que captif : le "protocole Hannibal" mis en oeuvre par les hordes sauvages de l'état juif part de ce principe. Et c'est en son nom que la ville de Rafah a subi un déluge de feu. Détruire une ville pour, finalement, s'assurer que le soudard sioniste est bien mort et pas captif, quelle leçon donne à l'humanité l'armée la plus morale du monde !
Voici ce qu'en dit Gilad Atzmon qui, lui, appelle un chat, un chat et des sauvages, des sauvages.


"L’armée israélienne a confirmé aujourd’hui que jusqu’à 130 civils palestiniens ont été abattus à Rafah vendredi dernier après le déclenchement du protocole Hannibal - une procédure mise en place pour contrecarrer la capture de soldats israéliens.

Israël a déclenché sa pleine puissance de feu et rasé tout un quartier à l’aide de chars, d’artillerie et d’hélicoptères de combat, assassinant 130 Palestiniens juste pour s’assurer qu’un soldat israélien, le lieutenant Hadar Goldin ne tombe pas vivant entre les mains du Hamas.
La seule lecture que l’on peut faire de ce massacre est qu’Israël est un État meurtrier totalement à l’abri des conventions internationales et sans aucun respect pour la vie des civils.
À la lumière des mesures prises par l’État juif au cours des derniers jours et le soutien massif envers Israël des Juifs du monde entier, il est évident que nous assistons à un choc des civilisations.
L’humanité est confrontée à une tribu sauvage qui montre une absence totale d’empathie toujours au nom du motif curieux de se croire élu.
Pour la paix dans le monde, l’humanité doit utiliser toutes les ressources qu’elle a pour démanteler l’État juif et son lobby.
Assez, c’est assez."

vendredi 1 août 2014

ARCHEOLOGIE DE LA SAUVAGERIE SIONISTE

Gaza


"Il n’ y aura pas d’école demain (en Palestine) on a tué tous les enfants", chantent en dansant des "citoyens" de l'état juif qui dispose de "l'armée la plus morale du monde", disent-ils.

Visionnez donc cette vidéo, amis lecteurs :






https://www.youtube.com/watch?t=65&v=L0lqnSdEUCw

Comment une telle ignominie est-elle possible ? Comment des êtres humains peuvent-ils se réjouir du massacre d'enfants ? Sont-ils seulement des humains ? En vérité, ce sont des monstres. Aristote définissait le monstre (thèrion) comme celui qui est incapable de vivre avec les humains. Que fait d'autre l'état-monstre sioniste en s'isolant de ses voisins par de gigantesques murailles de béton, en déclarant que nul n'est autorisé à devenir citoyen de son pays à moins d'être juif, en exterminant les authentiques autochtones de ce pays parce que non-juifs, en se plaçant au-dessus de la loi humaine parce que "peuple élu" ?


Gaza




LA DÉCOUVERTE


En 1958 -j'avais 15 ans-, j'étais en Seconde classique. Notre professeur de Lettres nous prévint que nous devions lire la Bible si nous voulions comprendre quelque chose aux auteurs essentiels du programme, tels Agrippa d'Aubigné, Bossuet (et autres gais lurons). Je me mis à la tâche au cours des vacances d'hiver. Pour moi, qui n'avais qu'indifférence à l'égard des religions (mon père, proche des réformistes de Benbadis et du PCA, m'avait interdit catégoriquement de fréquenter l'école coranique), la Bible était le Coran des chrétiens et je ne savais absolument rien de ces deux livres. La religion pour moi, c'était la bonté sans exclusive de mes parents, de notre voisine, Mme Cassado, catholique qui aimait tant ma famille, de M. Jacob Bensoussan, juif et ami intime de mon père, du seul ami vrai que j'eus durant mes études, Joseph, chrétien fervent.  
Au lieu de quoi, je découvrais, effaré, un Dieu sanguinaire qui tue tous les nouveaux-nés d'un pays -quoi d'étonnant, dès lors, que des barbares juifs fêtent le massacre d'enfants arabes ?- sur lequel il envoie neuf autres plaies toutes plus cruelles les unes que les autres, un Dieu exterminateur qui ordonne des génocides en bonne et due forme à des sicaires tel Josué, un Dieu qui choisit l'une des peuplades qu'il a créées pour qu'elle s'asservisse toutes les autres. 

Je n'en revenais pas ! Que des peuples entiers et les trois religions abrahamiques sacralisent et idolâtrent un tel texte -au lieu de l'interdire tout simplement pour apologie de la violence et de la haine raciale et, accessoirement, pour pornographie- me sidérait. Je refermai ce catalogue de l'horreur et l'abandonnai définitivement "à la critique rongeuse des souris". 


LE RETOUR DU REFOULÉ


L'Histoire nous rattrape toujours, heureusement. Face à l'incroyable sauvagerie de l'état sioniste et de la société qu'il a sécrétée -société faite de bric et de broc, dont les membres n'ont rien d'autre en commun (un Russe et un Falacha?), que le système de valeurs que va leur inculquer l'état sioniste-, il est impossible d'éviter plus avant de se poser la question de l'origine de cette sauvagerie. La réponse est contenue dans les prémisses : un système de valeurs -une culture- qui tire son essence de la Torah (l'ancien testament) et de son incessante rumination, le Talmud, voilà la racine du mal.


On a prétendu que le sionisme était un mouvement politique laïque. Si c'était le cas, pourquoi aurait-il refusé les solutions alternatives à la Palestine qui s'offraient à lui : Argentine, Ouganda, Madagascar ? Un mouvement laïque aurait choisi l'un de ces pays pour éviter justement que la religion ait trop de poids. En préférant la Palestine, le sionisme savait très bien ce qu'il faisait ; se servir du poids énorme de la religion afin d'asseoir son état sur des bases que personne ne pourrait remettre en cause et qui souderaient des populations hétérogènes. En vérité, les dirigeants sionistes -quelle que soit leur obédience politique- n'ont jamais perdu de vue leur objectif ultime : l'édification d'un état juif, fait pour les seuls juifs, s'étendant du Nil à l'Euphrate.


GazaDU NIL À L'EUPHRATE

Pourquoi du Nil à l'Euphrate ? Parce que la bible prétend que c'était la terre des Hébreux ; en réalité, il s'agissait d'un espace où nomadisaient plusieurs tribus de langues sémitiques : des Arabes, des Syriaques, des Araméens, des Hébreux… Les grotesques mensonges de la bible (repris et prolongés par le Coran) servent aujourd'hui encore, au XXI° siècle, à légitimer une politique criminelle de rapine et de génocide ! L'éminente égyptologue (et résistante) française, Christiane Desroches-Noblecourt, n'avait de cesse de dénoncer ces mensonges bibliques. Ainsi de l'engloutissement de l'armée de Ramsès II par les flots alors que l'on dispose d'une pièce hiéroglyphique (une pierre gravée) qui atteste qu'à ce moment précis le pharaon guerroyait en Asie mineure contre les Hittites (qu'il vainquit et dont il épousa la fille de leur roi pour manifester son désir de paix). Ainsi également du prétendu esclavage des Hébreux en Égypte : C.D-N rappelle que nous disposons d'un document (une pierre gravée également) qui "raconte" la visite de pharaon à un chantier de construction et son dialogue avec les ouvriers hébreux qui demandaient une augmentation de leur rétribution. Du reste, Karl Marx s'était déjà avisé que la société pharaonique ne pouvait pas "fonctionner" sur le mode esclavagiste et avait suggéré la notion de "mode de production asiatique" pour qualifier les sociétés chinoise, indienne et égyptienne. K.A. Wittfogel prolongera cette réflexion en parlant, lui, de "sociétés hydrauliques" dans lesquelles les castes des dirigeants et des prêtres sont confondues. Dit autrement, ces sociétés fonctionnent à l'idéologie, pas à la contrainte.


Avant tout le monde, cependant, c'est Ibn-Khaldoun qui pointait l'un des plus gros mensonges bibliques : l'errance des Hébreux dans le désert du Sinaï. Critiquant l'historien et géographe arabe El Mas'oudi -qui prenait pour argent comptant ce que disait la bible sur ce chapitre-, Ibn-Khaldoun montre que les "50 feux" hébreux soi-disant sortis d'Égypte auraient donné au bout de 40 ans (deux générations) à peu près 600 000 personnes. Admettons. Mais, dit IK, comment un espace aussi aride et désertique que le Sinaï aurait-il pu nourrir et abreuver une masse aussi considérable d'individus avec leurs troupeaux ? (D'ailleurs, on peut se demander comment de prétendus esclaves pouvaient posséder autant de biens !). Le cadi (juge) musulman qu'était Ibn-Khaldoun ne voyait aucune contradiction à exercer son esprit critique, fût-ce aux dépens de la bible, donc du Coran ! Courageux ! Les musulmans d'aujourd'hui, ceux que révolte à juste raison le martyre du peuple palestinien, feraient bien de réfléchir à ce fait que la justification de la sauvagerie sioniste est inscrite dans la bible, bible validée par le Coran.

[N.B. Voici ce que dit Wikipedia à propos de cet épisode biblique :

« Les événements racontés par la Bible depuis l’exil d’Égypte jusqu’à la conquête du pays de Canaan qui se seraient produits aux environs du xiiie siècle av. J.-C., ne sont en rien confirmés par les données archéologiques. Pour toute la période qui précède le xie siècle av. J.-C. et le règne de Saül, on parle de « la protohistoire d’Israël ». Les Benê Israël, ouvriers sur des chantiers dans le delta du Nil, qui seraient sortis d’Égypte et qui se seraient installés dans le pays de Canaan n’auraient été en réalité que « plusieurs centaines, un millier tout au plus, très loin des centaines de milliers que laisse entrevoir le texte biblique ». ]

LE DIEU EXTERMINATEUR

"Quand l’Éternel ton Dieu t’aura fait entrer dans le pays dont tu vas prendre possession, qu’il aura ôté de devant toi beaucoup de nations... tu les voueras à l’interdit ; tu ne traiteras point alliance avec elles, et tu ne leur feras point grâce." Deutéronome 7.1-2

"Ne laisse pas âme qui vive. Tu dois les détruire complètement ... comme le Seigneur ton Dieu te l’a commandé..." Deutéronome 20.16

Interviewé par le quotidien Libération du 28 août 2000, Horst Mahler, avocat allemand, fondateur de la Fraction armée rouge, dit : "Marx l’avait écrit en 1843 déjà : l’humanité doit s’émanciper du judaïsme. [...] Ce n’est pas les juifs qu’il faut tuer, c’est Yahvé, leur Dieu. Il n’y a pas de religion qui célèbre autant la haine que le judaïsme. Le génocide est un stéréotype de son culte qu’il propage."

L'édification d'un état juif du Nil à l'Euphrate est consubstantielle à un nettoyage ethnique -exigé par le dieu exterminateur de la bible- qui débarrasserait cet espace des Arabes, chrétiens et musulmans. L'Établissement ashkénaze -formé en très grande majorité de migrants polonais et russes- qui dirige l'état sioniste depuis sa création ne s'est jamais fait faute de le rappeler. Remarquons que lui qui manie à tout bout de champ le chantage à l'antisémitisme englobe dans son racisme anti-arabe les juifs sépharades, perçus comme autant d'Arabes ! D'où la tendance de ces derniers (nombreux en France) à être encore plus féroces envers les Arabes, à être plus sionistes que les ashkénazes.

À ce propos, il convient de rappeler que le terme "sémite" ne désigne nullement une race ou une ethnie mais seulement un groupe de langues dit "chamito-sémitique" et comprenant, entre autres, l'amharique, l'arabe, l'araméen, l'hébreu, le syriaque… Au vrai, la notion d'antisémitisme telle qu'elle est instrumentalisée par l'état sioniste et ses sayanim (=agents d'influence) est une invention du XIX° siècle, quand l'Europe se découvrait sous les espèces de l'homme blanc colonisant le monde et soumettant les peuples à sa volonté. L'antisémite serait, ainsi, un raciste qui hait les Sémites (qui sont des langues) ! Le tour de passe-passe a consisté à substituer le mot sémite au mot juif. Le résultat de cet amalgame est une perversion générale du débat d'idées qui devient simplement impossible : ainsi, vous n'avez pas le droit de dire que vous n'aimez pas la religion hébraïque sans vous faire traiter de raciste ; vous n'avez pas le droit de contester l'existence de l'état sioniste paria sans vous faire traiter d'antisémite, etc.. Une police de la pensée s'est mise en place qui exerce un terrorisme digne de l'Inquisition. En France -comble de lâcheté et de démission-, c'est même une loi (donc la police) et non la libre recherche qui dit ce que doit être la vérité historique !

RENDRE PENSABLE LA DISPARITION DE L'ETAT D'APARTHEID SIONISTE


L'OLP (Organisation de libération de la Palestine) avait une charte sur la base de laquelle elle posait ses objectifs politiques à long terme : établir sur tout le territoire de la Palestine historique un état démocratique pluraliste et multiconfessionnel. C'était là, prendre à contre-pied le projet sioniste de construction d'un état juif -fait pour les seuls juifs- s'étalant du Nil à l'Euphrate.

La propagande sioniste, disposant de moyens colossaux, avait entrepris une formidable campagne de désinformation visant cette charte. Tous les médias du monde occidental -plus ou moins tenus par les réseaux d'influence sioniste- s'y étaient mis, sur le mode horrifié : "Ils veulent la DESTRUCTION d'Israël ! Vous vous rendez compte ?" (Et alors ? Un tel état mérite-t-il de vivre ?) Le résultat recherché fut atteint : rendre inimaginable l'idée même d'une remise en cause de l'existence de l'état sioniste paria.


Parallèlement, les services secrets sionistes (dont la devise est Par la ruse) préparaient l'arme fatale contre l'OLP : la construction d'un mouvement islamiste, le Hamas, qu'ils financèrent et encouragèrent (oubliant qu'une chose se transforme toujours en son contraire). Avec sa charte démocratique, l'OLP était en accord avec les valeurs universelles qui fondent et définissent les états modernes. L'entité sioniste entendait priver l'OLP d'un pareil titre en se fabriquant un ennemi idéal : l'"Autre" absolu dans sa différence radicale, afin de pouvoir se présenter devant l'Occident comme "la seule démocratie du Moyen-Orient". L'époque, les années 80, était à la découverte par les yankees (résultat de la métabolisation de leur longue alliance avec la tribu des Al Saoud) que l'islam pouvait servir à asseoir la domination de l'Occident. On a dit de la vulgate wahabite qu'elle était l'équivalent du protestantisme en chrétienté. De fait, le wahabisme en tant qu'il est retour à la lettre coranique est retour à la bible, à l'ancien testament. Ce n'est pas là la moindre raison qui a fait que les yankees s'entendent si bien avec les Al Saoud. On a pu dire également du wahabisme qu'il était une judaïsation de l'islam : ritualisme sans spiritualité et soumission à un dieu abstrait et à sa prétendue loi (halakha-charia). Cela est-il étranger à la convergence d'intérêts nettement observable entre l'état sioniste et la tribu des Al Saoud ?


Rien dans ce monde n'est éternel et moins encore les états : près de nous, les régimes racistes d'Afrique australe -dont l'un, la République sud-africaine, était une puissance nucléaire-, la Yougoslavie ont disparu. Si l'état sioniste est parvenu à convaincre la majorité de l'opinion occidentale que son existence fait partie de la nature des choses, il le doit en grande partie au soubassement culturel religieux de cet Occident : la bible. Depuis le XIX° siècle, en effet, depuis que Nietzsche -cet homme fou dont on serait bien en peine de définir et de classer le verbiage- a inventé la notion radicalement fausse de "judéo-christianisme", l'Occident chrétien a été sommé de revivre son histoire religieuse sous les espèces de la continuité entre judaïsme et christianisme. Rien de plus grotesque. Le christianisme s'est inscrit à sa naissance comme une négation du judaïsme dont il a fait un procès en règle, comme le montre avec éclat l'évangile de Matthieu. Il n'empêche : l'hégémonisme anglo-saxon et ses prétentions à la domination mondiale ont produit et légitimé cette alliance judéo-chrétienne (essentiellement protestante) qui se donne comme le pilier de la défense de l'Occident face à la barbarie.



DÉSHUMANISER L'INDIGÈNE

Et c'est à ce niveau que l'alliance spéciale des USA et de l'état sioniste trouve l'une de ses explications, la raison de fond étant que les deux entités se reconnaissent comme des nations de pionniers fuyant les persécutions et la misère de la vieille Europe. D'où la compréhension des yankees -qui ont effacé de la surface de la terre des dizaines de nations indiennes- pour le génocide lent des Palestiniens par l'état sioniste. D'où, également, la solidarité de l'Australie -territoire-bagne où le Royaume-Uni avait exilé ses coupeurs de route et autres assassins qui éradiquèrent les aborigènes de Tasmanie- avec l'état juif. Le Canada est lui aussi tenté de rejoindre ses cousins anglo-saxons n'était le Québec.


C'est que le colon a besoin de déshumaniser l'indigène pour se donner bonne conscience quand il le tuera et lui volera sa terre. Si les Algériens ont survécu à la colonisation, ils le doivent en particulier à Napoléon III qui s'était écrié, lors de son second voyage en Algérie (1865) : "Nous ne permettrons pas que cette race fière et généreuse subisse le sort des Indiens d'Amérique !". C'est dire que le risque était bien réel. La III° République -celle de Jules Ferry- lâchera, par contre, ses chiens civilisateurs sur le pays avec l'aide des généraux félons (félons, parce qu'ils sabotèrent systématiquement les directives de l'empereur), Mac Mahon, Pélissier et Cavaignac, le sinistre "nettoyeur" des ouvriers parisiens insurgés en 1848.


LA RUSE DES DEUX ÉTATS


La Hasbara -propagande- sioniste (à côté de laquelle la propanda staffel nazie est de la petite bière) a dû, cependant consentir une petite concession aux humanistes de tout bord qui s'inquiétaient, quand même, du sort fait aux Palestiniens. Elle inventa alors la fable aimable des deux états. Depuis les accords d'Oslo (1993) consacrant cette duperie, que s'est-il passé ? Un Premier ministre (Rabin, celui-là même qui ordonnait de casser au gourdin les bras des enfants lanceurs de pierres de la première Intifadha) assassiné, le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat empoisonné et le nombre de colons juifs en Cisjordanie multiplié par trois. Un état palestinien à côté de ce monstre froid, armé jusqu'aux dents par son acolyte yankee et qui montre à chaque instant une indifférence radicale à l'égard d'humains qu'il traite comme des choses, imbu qu'il est de sa supériorité ontologique ? Sinistre plaisanterie. Une entité palestinienne viable ne le serait qu'à l'ombre d'une protection internationale, le temps de débarrasser l'humanité du monstre sioniste. Car il faut rendre pensable la disparition de cette aberration ; il ne faut plus craindre de penser sa fin comme l'unique solution qui réglerait le problème définitivement.


LA FIN D'UNE IMPOSTURE


C'est là la tâche de chacun, et d'abord des intellectuels -pour peu qu'ils existent encore ! Ces derniers, en effet, de recul en soumission devant les sayanim, ont disparu du paysage. La France, qui prétend être l'inventeur des intellectuels, est devenue le plus caricatural des cas : ses sayanim -tous issus de la mouvance trotsko-maoïste (ce n'est pas un hasard : Trotsky et Mao étaient des sanguinaires)- exercent un terrorisme idéologique inconnu jusque-là dans son histoire. Telle une outre pleine de vent, les autres se sont dégonflés, se terrent ou, pour une majorité d'entre eux, se font les supplétifs des sayanim triomphants.


Yes we kill


L'ALGERIE OU L'AFRIQUE DU SUD ?

Tout cela n'aura qu'un temps. Restera seulement la honte et le sentiment d'autodévalorisation quand l'état sioniste paria sera démonté par ses propres parrains et que ses sayanim se cacheront pour ne jamais reparaître, la honte de ne pas avoir résisté comme cet admirable petit peuple qui fait face à la barbarie de l'empire du mal avec ses moyens dérisoires. Dans le film "Full metal jacket", le très talentueux Stanley Kubrick met en scène la fabrique des surhommes, les GI's américains. Il montre comment ils sont dépersonnalisés, déshumanisés afin de faire d'eux des machines à tuer. Puis, la caméra les suit en situation réelle, durant la guerre du Vietnam. Au cours d'une longue séquence admirable de maîtrise, le film montre la progression d'une section de surhommes stoppée net par un tireur vietnamien. Il s'agissait d'une frêle jeune fille, presque une adolescente, qui mettait ainsi en échec les machines à tuer.


Comme à Gaza aujourd'hui. Comme hier au sud Liban. Et de même que les yankees ont détalé du Vietnam comme des lapins, les sionistes détaleront de la Palestine. Leur présence ne laissera pas plus de traces -seulement le souvenir d'une sauvagerie rare, homologue de celle des Croisés mangeurs de chair humaine- que n'en ont laissé les royaumes francs de Jérusalem car ils ne sont que "des passants à la parole passagère", comme les avait prévenus Mahmoud Darwich. 

En définitive, la colonie juive de Palestine n'aura de choix qu'entre l'apocalypse algérienne et le compromis sud-africain.




POUR L'HONNEUR DE LA FRANCE, LA VOIX DU COURAGE




Dans une tribune publiée par le Figaro (http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2014/07/31/3100220140731ARTFIG00381-dominique-de-villepin-lever-la-voix-face-au-massacre-perpetre-a-gaza.php), Dominique de Villepin fait entendre la voix de la France de De Gaulle, la France libre qui ne se couche pas devant l'empire du mal israélo-yankee.


"Lever la voix face au massacre qui est perpétré à Gaza, c'est aujourd'hui, je l'écris en conscience, un devoir pour la France, une France qui est attachée indéfectiblement à l'existence et à la sécurité d'Israël mais qui ne saurait oublier les droits et devoirs qui sont conférés à Israël en sa qualité d'État constitué. Je veux dire à tous ceux qui sont tentés par la résignation face à l'éternel retour de la guerre qu'il est temps de parler et d'agir. Il est temps de mesurer l'impasse d'une France alignée et si sûre du recours à la force. Pour lever le voile des mensonges, des omissions et des demi-vérités. Pour porter un espoir de changement. 

Par mauvaise conscience, par intérêt mal compris, par soumission à la voix du plus fort, la voix de la France s'est tue, celle qui faisait parler le général de Gaulle au lendemain de la guerre des Six-Jours, celle qui faisait parler Jacques Chirac après la deuxième intifada. Comment comprendre aujourd'hui que la France appelle à la «retenue» quand on tue des enfants en connaissance de cause? Comment comprendre que la France s'abstienne lorsqu'il s'agit d'une enquête internationale sur les crimes de guerre commis des deux côtés? Comment comprendre que la première réaction de la France, par la voix de son président, soit celle du soutien sans réserve à la politique de sécurité d'Israël? Quelle impasse pour la France que cet esprit d'alignement et de soutien au recours à la force.

Je crois que seule la vérité permet l'action. Nous ne construirons pas la paix sur des mensonges. C'est pour cela que nous avons un devoir de vérité face à un conflit où chaque mot est piégé, où les pires accusations sont instrumentalisées.

Ayons le courage de dire une première vérité: il n'y a pas en droit international de droit à la sécurité qui implique en retour un droit à l'occupation et encore moins un droit au massacre. Il y a un droit à la paix qui est le même pour tous les peuples. La sécurité telle que la recherche aujourd'hui Israël se fait contre la paix et contre le peuple palestinien. En lieu et place de la recherche de la paix, il n'y a plus que l'engrenage de la force qui conduit à la guerre perpétuelle à plus ou moins basse intensité. L'État israélien se condamne à des opérations régulières à Gaza ou en Cisjordanie, cette stratégie terrifiante parce qu'elle condamne les Palestiniens au sous-développement et à la souffrance, terrifiante parce qu'elle condamne Israël peu à peu à devenir un État ségrégationniste, militariste et autoritaire. C'est la spirale de l'Afrique du Sud de l'apartheid avant Frederik De Klerk et Nelson Mandela, faite de répression violente, d'iniquité et de bantoustans humiliants. C'est la spirale de l'Algérie française entre putsch des généraux et OAS face au camp de la paix incarné par de Gaulle.

Il y a une deuxième vérité à dire haut et fort: il ne saurait y avoir de responsabilité collective d'un peuple pour les agissements de certains. Comment oublier le profond déséquilibre de la situation, qui oppose non deux États, mais un peuple sans terre et sans espoir à un État poussé par la peur? On ne peut se prévaloir du fait que le Hamas instrumentalise les civils pour faire oublier qu'on assassine ces derniers, d'autant moins qu'on a refusé de croire et reconnaître en 2007 que ces civils aient voté pour le Hamas, du moins pour sa branche politique. Qu'on cite, outre les États-Unis, un seul pays au monde qui agirait de cette façon. Même si les situations sont, bien sûr, différentes, la France est-elle partie en guerre en Algérie en 1995-1996 après les attentats financés par le GIA? Londres a-t-elle bombardé l'Irlande dans les années 1970?

Troisième vérité qui brûle les lèvres et que je veux exprimer ici: oui il y a une terreur en Palestine et en Cisjordanie, une terreur organisée et méthodique appliquée par les forces armées israéliennes, comme en ont témoigné de nombreux officiers et soldats israéliens écœurés par le rôle qu'on leur a fait jouer. Je ne peux accepter d'entendre que ce qui se passe en Palestine n'est pas si grave puisque ce serait pire ailleurs. Je ne peux accepter qu'on condamne un peuple entier à la peur des bombardements, à la puanteur des aspersions d'«eau sale» et à la misère du blocus. Car je ne peux accepter qu'on nie qu'il y a quelque chose qui dépasse nos différences et qui est notre humanité commune.

Il n'y a aujourd'hui ni plan de paix, ni interlocuteur capable d'en proposer un. Il faut tout reprendre depuis le début. Le problème de la paix, comme en Algérie entre 1958 et 1962, ce n'est pas «comment?», c'est «qui?».

Il n'y a pas de partenaire en Palestine car les partisans de la paix ont été méthodiquement marginalisés par la stratégie du gouvernement d'Israël. La logique de force a légitimisé hier le Hamas contre le Fatah. Elle légitime aujourd'hui les fanatiques les plus radicaux du Hamas voire le Djihad islamique. Se passer de partenaire pour la paix, cela veut dire s'engager dans une logique où il n'y aurait plus que la soumission ou l'élimination.

Il n'y a plus de partenaire pour la paix en Israël car le camp de la paix a été réduit au silence et marginalisé. Le peuple israélien est un peuple de mémoire, de fierté et de courage. Mais aujourd'hui c'est une logique folle qui s'est emparée de son État, une logique qui conduit à détruire la possibilité d'une solution à deux États, seule envisageable. La résignation d'une partie du peuple israélien est aujourd'hui le principal danger. Amos Oz, Zeev Sternhell ou Elie Barnavi sont de plus en plus seuls à crier dans le désert, la voix couverte par le vacarme des hélicoptères.

Il n'y a plus non plus de partenaire sur la scène internationale, à force de lassitude et de résignation, à force de plans de paix enterrés. On s'interroge sur l'utilité du Quartette. On désespère de la diplomatie du carnet de chèques de l'Europe qui se borne à payer pour reconstruire les bâtiments palestiniens qui ont été bombardés hier et le seront à nouveau demain, quand les États-Unis dépensent deux milliards de dollars par an pour financer les bombes qui détruisent ces bâtiments.

Face à l'absence de plan de paix, seules des mesures imposées et capables de changer la donne sont susceptibles de réveiller les partenaires de leur torpeur. C'est au premier chef la responsabilité de la France.

Le premier outil pour réveiller la société israélienne, ce sont les sanctions. Il faut la placer devant ses responsabilités historiques avant qu'il ne soit trop tard, tout particulièrement à l'heure où il est question d'une opération terrestre de grande envergure à Gaza. Cela passe par un vote par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution condamnant l'action d'Israël, son non-respect des résolutions antérieures et son non-respect du droit humanitaire et du droit de la guerre. Cela signifie concrètement d'assumer des sanctions économiques ciblées et graduées, notamment pour des activités directement liées aux opérations à Gaza ou aux activités économiques dans les colonies. Je ne crois guère aux sanctions face à des États autoritaires qu'elles renforcent. Elles peuvent être utiles dans une société démocratique qui doit être mise face aux réalités.

Le deuxième outil, c'est la justice internationale. L'urgence aujourd'hui, c'est d'empêcher que des crimes de guerre soient commis. Pour cela, il est temps de donner droit aux demandes palestiniennes d'adhérer à la Cour pénale internationale, qui demeure aujourd'hui le meilleur garant de la loi internationale. C'est une manière de mettre les Territoires palestiniens sous protection internationale.

Le troisième outil à la disposition de la communauté internationale, c'est l'interposition. À défaut de pouvoir négocier une solution, il faut l'imposer par la mise sous mandat de l'ONU de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem Est, avec une administration et une force de paix internationales. 

Cette administration serait soumise à de grands périls, du côté de tous les extrémistes, nous le savons, mais la paix exige des sacrifices. Elle aurait vocation à redresser l'économie et la société sur ces territoires par un plan d'aide significatif et par la protection des civils. Elle aurait également pour but de renouer le dialogue interpalestinien et de garantir des élections libres sur l'ensemble de ces territoires. Forte de ces résultats, elle appuierait des pourparlers de paix avec Israël en en traçant les grandes lignes.

Nous n'avons pas le droit de nous résigner à la guerre perpétuelle. Parce qu'elle continuera de contaminer toute la région. Parce que son poison ne cessera de briser l'espoir même d'un ordre mondial. Une seule injustice tolérée suffit à remettre en cause l'idée même de la justice."

DOMINIQUE DE VILLEPIN


mercredi 4 juin 2014

MÉMOIRE EN FRAGMENTS : CHRONIQUES SALADÉENNES (14)


TOUT A UN SENS
Cet épisode historique reconstitué, j'ai pu alors comprendre la violente détestation de ma mère -et des Messaada en général- à l'endroit du Maroc et surtout de son roi. D'où également la -ridicule- démarche de mes grands-oncles, abandonnant leur nom parce que c'était celui du sultan du Maroc. Ce que je ne savais donc pas, c'est que la mémoire collective de la tribu avait consigné et refoulé ces événements d'autant plus tragiques qu'ils référaient à la trahison de l'hospitalité -valeur absolument sacrée chez les Arabes. Cela étant, je n'ai jamais éprouvé, quant à moi, la moindre animosité envers ceux du village qui étaient d'origine marocaine et qui étaient reconnaissables au fait qu'ils étaient affublés du sigle SNP -sans nom patronymique- en guise de nom de famille. Par ailleurs, mon père, qui travaillait seul ses terres, recrutait de temps à autre le même ouvrier marocain, SNP Mohamed, un Noir grand et fort, pour des travaux ponctuels. Mohamed était d'une extrême gentillesse avec nous, et mon père l'aimait beaucoup. (Mohamed sera l'auteur du premier attentat à la grenade perpétré au village contre un groupe de colons ultras et qui ne fit aucune victime).
COUPS DE PIED DE L'ÂNE
Anticipons un peu. Ma mère fera, à ma grande stupeur, une entorse à sa marocophobie quand sa fille préférée -la dernière des trois, comme de bien entendu- voudra se marier avec un Marocain. Quant à moi, je deviendrai « cahier de classe » dès la sixième et pour six ans ! Et qu'est-ce qui m'a voulu l'honneur de cette pénible charge ? Mon nom. (Le censeur m'avait fait venir dans son bureau et s'était exclamé, théâtral : "Mais vous avez un nom illustre, mon ami !" Et il m'avait confié le cahier de texte de la 6° A.) Je saurai, plus tard, que M. Auberty -le censeur un peu extravagant mais si gentil- avait été expulsé du Maroc par l'administration française pour avoir pris fait et cause pour le sultan Mohamed Benyoucef lors de la déposition de ce dernier et de son bannissement.
AU CM1 AVEC EL TESTICULO
Je quittai l'année de cauchemar du CE2 avec un immense soulagement. Soulagement d'autant plus intense que j'appris, à la rentrée, que je ne serais pas dans le CM1 de M. Adam qui avait une réputation de maître très sévère. L'autre CM1 avait pour titulaire un maître débonnaire et amorphe qui passait pour ne pas trop embêter les élèves. De fait, non seulement il nous laissait tranquilles mais encore il se permettait de somnoler les après-midi pendant que nous bavardions tout à notre aise ! C'était du jamais vu. Je garde de cette année scolaire deux souvenirs très nets. Le premier : lors de la première journée de l'année scolaire. Le maître procède à l'appel et demande à chaque élève où il est né. Je répondis, quand mon tour fut venu : « Douar Messaada ». Éclat de rire général que le maître ne réprouve pas mais qu'un congénère du douar, Baroudi Benderdour, ose moquer : « Pourquoi vous riez ? ». Le second : le maître prend un congé (de maladie sans doute) qui doit durer longtemps. La preuve ? On nous dispersa dans d'autres classes, les deux CE2 -celui de C. et celui de M. Bertalon, petit homme sec qui avait une réputation de bourreau d'élèves-, le CM1 de M. Adam, et le CM2 de M. Bouaziz dans lequel je fus affecté. C'était le CM2 préparant aux études courtes, c'est-à-dire vers la classe de fin d'études primaires (que tenait M. Benhamou).
PUDENDA PENDOUILLANT
Pour mon malheur, le maître (celui du CM1) habitait dans ma rue, près de Norbert Quilès, et à quelques mètres de mon vis-à-vis, M. Robert. Une fin de journée, alors que je rentrais à la maison, je vis le maître assis sur un fauteuil d'osier, prenant le frais devant le seuil de sa maison. Il devait être en convalescence. J'attendis d'être juste en face de lui pour lui dire « Bonjour monsieur ». Mais quand je tournai la tête vers lui, ce n'est pas son visage que je vis mais ses pudenda qui pendaient, lamentables et flasques, de son short trop large. Je baissai aussitôt la tête, en proie à une confusion totale et ne saluai donc pas. Je passai devant Mme Cassado, notre voisine et amie, qui se tenait sur le seuil de sa demeure, les mains sur les hanches. Mains sur les hanches, ce qui était le signe incontestable qu'elle n'était pas contente, pour dire le moins. C'est que son fils P'tit Louis était avec moi dans la classe de ce maître qui lui faisait face, jambes écartées, ses génitoires à l'air libre. Les jours suivants, je changeai d'itinéraire, passant par le boulevard national, pour rentrer chez moi et éviter , ce faisant, le spectacle affligeant du maître débraillé.
AUX OUBLIETTES
Le maître reprit le « travail » après plus d'un mois de congé. Je quittai avec regrets le CM2 de M. Bouaziz. Nous retrouvâmes notre salle de classe et notre maître débonnaire et flasque. Quand je passai devant lui, il claqua du doigt et me désigna, sans un mot, la table du fond où je fus assigné à résidence jusqu'à la fin de l'année. Mis aux oubliettes. Je n'étais plus interrogé, je ne passais plus au tableau, je n'existais pas. Et je ne savais même pas pourquoi j'étais l'objet d'un pareil châtiment. Cela dit, il ne m'a jamais battu. Encore heureux ! En fait, j'avais une paix royale et je n'avais même plus besoin d'écouter le maître car j'avais accumulé une belle avance durant le temps passé chez M. Bouaziz -qui était, lui, du genre stakhanoviste. Pas question de chômer deux minutes avec lui ! Je me sentais si bien dans sa classe que je surclassai bon nombre de ses propres élèves. L'année du CM1 finie, un oubli opaque la recouvrit et le maître avec. Ce n'est qu'avec le grand âge que me revinrent ces bribes de souvenirs que je relate.
EL TESTICULO
Avais-je subi la damnation que Cham eut à essuyer pour avoir surpris son père, Noé, saoul et nu comme un ver, comme dit la Genèse ? Aujourd'hui, tout ce que m'inspire cet épisode c'est d'imaginer ce que pouvait bien ruminer Mme Cassado, ce jour-là, avec ses mains sur ses hanches. Alors je me suis décidé pour ceci : « Ahi esta todo el dia con su testiculo cuelga ! Madre mia que perezoso ! » ("Là il est toute la journée avec sa couille qui pendouille. Maman, quelle feignasse !"). Et j'ai donc décidé de surnommer le maître feignasse "El Testiculo". Une couille, quoi (sauf votre respect).

N.B. Vous pouvez retrouver l'ensemble des "épisodes" de "Mémoire en fragments" dans la rubrique "PAGES" du blogue.

samedi 31 mai 2014

ALGÉRIENS, INDIGNEZ-VOUS … !

Pablo Picasso, Monument aux morts 

A la suite de la décision du Dey d'Alger d'autoriser l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste dans son hacienda (el mazra'a), autrement nommée Algérie, le courageux ancien dirigeant de la Sonatrach (société publique des hydrocarbures), Hocine Malti lui adresse la lettre ouverte dont le texte suit. Un mot seulement pour dire la cupidité, l'arrogance et le cynisme de la caste militaro-compradore qui n'a d'autre souci que de maximiser ses profits, dût le cadre naturel algérien subir des dommages irréparables. Mais, me répondrez-vous, qu'en a-t-elle à faire du cadre naturel, cette caste de parvenus incultes et rapaces, du moment que sa progéniture vit ailleurs, en Occident, où elle gère et digère l'argent du pillage ? Place à Hocine Malti. 







Adresse à Monsieur le Président de la République


Par Hocine Malti, 27 mai 2014


Monsieur le Président de la République,


Vous venez d’autoriser l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste sur le territoire de notre pays à tous, l’Algérie. Nous avez-vous consultés, nous les citoyens, avant de prendre une décision aussi grave ? Avez-vous, ne serait-ce que pour la forme, consulté la représentation nationale ? Sachant à quel point vous et le régime dont vous êtes la façade avez travesti les règles de la démocratie dans notre pays, vous auriez probablement obtenu l’accord quasi-unanime de ceux qui sont censés nous représenter. Cela nous aurait cependant permis de repérer les quelques courageux qui auraient osé vous dire, non. Savez-vous ce qu’est le gaz de schiste, Monsieur le Président ? Savez-vous comment l’on procède pour extraire ce gaz de la roche qui le contient ? Savez-vous quels sont les dangers encourus lors de l’extraction ? Savez-vous de quelles réserves l’Algérie dispose-t-elle ? Savez-vous qu’elles seront les retombées financières sur le pays, une fois l’exploitation entamée ? Savez-vous quelles décisions ont été prises en la matière par d’autres pays, censés disposer de réserves importantes de cette ressource ?


Vous souvenez-vous, Monsieur le Président, de l’ardoise que vous transportiez dans votre cartable d’écolier ? Imaginez plusieurs ardoises collées les unes aux autres jusqu’à constituer une couche épaisse de quelques dizaines de mètres située à deux ou trois mille mètres sous terre. La roche ainsi constituée s’appelle schiste. (D’autres roches identiques à l’ardoise de par leur consistance et leur dureté s’appellent également schiste. Ce sont celles-ci surtout qui sont présentes au Sahara, mais j’ai choisi l’ardoise car elle plus parlante pour le commun des mortels.) A l’intérieur de cette roche se trouvent des milliards de micropores, voire de nanopores qui contiennent du gaz : c’est le gaz de schiste. Vous est-il arrivé, Monsieur le Président, de faire tomber votre ardoise sur le chemin de l’école ? Pouviez-vous dire, à l’avance, si elle allait se briser en deux, trois ou plusieurs morceaux ? Et quelles seraient la taille et la forme de ces morceaux ? Bien évidemment, non. 

Afin de produire le gaz contenu dans cette roche très peu poreuse, on doit le libérer en provoquant par des techniques particulières un phénomène identique, on doit faire éclater la roche ; en jargon du métier on dit que l’on doit procéder à la fracturation du schiste. Tout comme dans l’exemple de l’ardoise qui se brise, on est dans l’incapacité de dire quel en sera le résultat, mais aussi et surtout, on ne pourra prédire jusqu’à quelle profondeur s’étendra la fracturation. L’opération est d’autant plus incontrôlable qu’elle se déroule dans les entrailles de la terre. On ne sait donc pas si seule la couche de schiste a été fracturée, tout comme on ne sait pas si, ce faisant, les fissures que l’on a créées ne sont pas devenues autant de canaux de communication vers d’autres couches plus poreuses situées au-dessus ou au-dessous de la couche porteuse. 

C’est malheureusement ce qui arrive dans la très grande majorité des cas car, sachez Monsieur le Président, que pour extraire le gaz de schiste, on doit pénétrer cette couche par un forage dit horizontal et procéder de proche en proche au plus grand nombre possible de fracturations qui peuvent alors atteindre d’autres niveaux. La fracturation en elle-même se fait par injection à très haute pression d’eau à laquelle on a additionné du sable et des composants chimiques extrêmement nocifs pour la santé des hommes et des animaux, mais aussi pour la végétation ; en effet, certains sont radioactifs, tandis que d’autres sont cancérigènes. Les quantités d’eau utilisées sont de l’ordre de quelques dizaines de milliers de mètres cubes par forage, ce qui est une quantité énorme, vu la rareté de cette denrée précieuse dans les zones arides sahariennes. De retour à la surface après usage, ce mélange eau-produits chimiques est généralement jeté dans la nature. 

Comme vous le voyez, Monsieur le Président, on a là un énorme gaspillage d’eau, qui s’infiltrera dans le sol, entraînant sa pollution avec elle et laissant derrière elle d’immenses décharges de produits chimiques. Je dois donc vous dire, Monsieur le Président, que si vous maintenez votre décision, l’Histoire retiendra que vous aurez semé la mort pour plusieurs décennies dans toutes les zones sur lesquelles auront travaillé les compagnies que votre gouvernement aura agrées ; et que vous aurez traité votre peuple de la même manière que l’a traité la puissance colonisatrice dans les années 1960, en procédant à des essais nucléaires au Sahara. 

Et ce n’est pas tout. L’eau polluée par les composants chimiques qu’elle contient, injectée sous très haute pression, pénètrera à travers les fractures qu’elle aura créées dans d’autres couches plus perméables et plus poreuses puis migrera probablement vers les trois grandes zones aquifères présentes dans le sous-sol saharien, dont la couche albienne notamment qui contient – je ne sais si vous le savez – des milliers de milliards de mètres cubes d’eau accumulés durant des siècles. C’est cela le plus grand risque que votre décision fait courir à la plus importante richesse que recèle le Sahara. 

L’Histoire a déjà enregistré que vous et le système que vous représentez avez privé la génération actuelle d’Algériens du bien-être que leur aurait procuré la manne pétrolière du pays en bradant ses ressources en hydrocarbures [1] afin de satisfaire les appétits des majors pétroliers, américains notamment, dans le but affiché de vous acheter des alliances, mais aussi celui de gonfler les comptes en banque de vos proches et des mafieux qui vous entourent. De même, qu’elle retiendra que, pour les mêmes raisons vous aurez également privé les générations futures de l’eau, source de la vie. Comment peut-on qualifier cela, Monsieur le Président ? Non-assistance à personne en danger ? Crime contre l’Humanité ? Je vous laisse le choix du qualificatif. 

Ce n’est pas parce que vous avez donné comme instruction, lors du conseil des ministres du 21 mai 2014 qui a entériné la décision « de veiller à ce que la prospection, et plus tard l’exploitation des hydrocarbures schisteux soient menés en permanence avec le souci de préserver les ressources hydriques et de protéger l’environnement » que vous vous serez délié de toute responsabilité en la matière. Car, plus que la corruption que vous et vos maîtres de l’ombre [2] avez instaurée comme méthode de gouvernance, plus que la maltraitance et le mépris avec lesquels vous avez traité votre peuple durant les quinze années de votre règne –et plus sachant que vous venez d’entamer un quatrième mandat – poussant notamment la jeunesse de ce pays vers l’exil, y compris sur une embarcation de fortune avec la mort au bout du voyage, c’est un crime autrement plus grave que vous allez commettre, Monsieur le Président. 

J’espère que vous êtes conscient que l’Histoire retiendra que ce crime vous est imputable à vous et à vous seul, car eux, vos maîtres de l’ombre, s’en laveront les mains bien sûr. D’autant plus que vous n’ignorez pas que les guerres du futur seront des guerres pour l’eau ; mais cela vous n’en avez cure visiblement, car ce ne seront pas vos guerres, ni même celles de votre descendance, car vous n’en avez pas. Au lieu de préserver ce bien précieux pour l’Humanité toute entière et pour des millions d’Algériens qui ne sont pas encore nés, vous nous dites : « Après moi le déluge ! »


Monsieur le Président,

Je suppose que l’on vous a dit que l’Algérie était classée en troisième position dans le monde pour ce qui est des réserves de gaz de schiste. Sachez que les chiffres qui vous ont été avancés émanent apparemment de rapports établis par le Secrétariat à l’Energie américain, dans lesquels il est bien spécifié qu’il s’agit là de réserves non prouvées, qu’elles seraient de l’ordre de 19 800 milliards de mètres cubes et qu’elles seraient situées en majorité au sud-est du Sahara dans une zone de 120 000 kms² environ. Aucune étude sérieuse, ni aucun travail de recherche sur le terrain ne sont venus, à ce jour, confirmer la véracité de ces chiffres. La lecture de ces rapports, qui utilisent tous des verbes déclinés au conditionnel, montre d’ailleurs bien que ce ne sont là que des estimations grossières, basées sur une superficie calculée très approximativement – je dirais même outrageusement gonflée – tout comme le sont les autres éléments (épaisseurs des couches, porosité, etc.), qui entrent en jeu dans les calculs. 

On ne peut par conséquent pas bâtir une politique d’exploitation, et encore moins prendre des engagements commerciaux sur la base de chiffres de réserves qui sont loin d’être prouvées, comme l’ont si bien souligné les auteurs des rapports en question. Ce qui est par contre toujours constaté dans le domaine du calcul des réserves en hydrocarbures, c’est que l’on aboutit généralement à des réserves prouvées 2,3 ou 4 fois inférieures, si ce n’est plus, à celles des réserves initialement estimées. Le fait que nous soient répétés sur tous les tons, tant par les responsables de Sonatrach, que par des membres de votre gouvernement, ou par certains médias algériens, des chiffres mirobolants de réserves qui flattent l’égo des Algériens, n’en fait pas pour autant des vérités.

Saviez-vous, Monsieur le Président, que la Chine, que les mêmes milieux pétroliers américains classent en première position dans le monde pour ce qui est des réserves non prouvées de gaz de schiste, qu’ils estiment être de 32 000 milliards de mètres cubes, vient de signer un méga contrat de livraison de gaz naturel avec la Russie, qui lui livrera à compter de 2018 et pendant 30 ans des quantités qui iront crescendo jusqu’à atteindre 38 milliards de mètres cubes par an ? Pourriez-vous m’expliquer, Monsieur le Président, pourquoi les Chinois s’engageraient à ce point avec les Russes alors qu’ils disposeraient de réserves de gaz de schiste équivalentes à 1000 années d’importation depuis la Russie ? 

Visiblement les Chinois sont moins enthousiastes que les Américains sur l’estimation des réserves que recèlerait leur pays, mais surtout refusent de s’engager dans l’exploitation d’une ressource qui, dans les limites des connaissances actuelles, est dangereuse pour l’homme et son environnement, quitte à payer une énorme facture aux Russes. 

Pourriez-vous me dire aussi, Monsieur le Président, pourquoi la France, qui posséderait elle aussi des réserves importantes de gaz de schiste, a adopté un moratoire qui en interdit l’exploitation sur le sol français, tant que la technologie n’aura pas suffisamment évolué et permettra de protéger le peuple français contre un désastre écologique ? Quitte à continuer à payer dans ce cas-là aussi d’importantes factures à la Russie et à l’Algérie. 

Face à une telle interdiction, le groupe Total se dit alors : « Si on ne peut pas le faire chez nous, pourquoi n’utiliserions-nous pas comme laboratoire des pays moins regardants en la matière, tels que l’Algérie ? » et décida donc de venir polluer notre Sahara et semer la mort dans notre pays. Puis, au passage, Total testera de nouvelles techniques, moins polluantes, moins mortelles, qu’il utilisera en France lorsqu’il les aura mises au point et qu’il nous vendra très cher ce jour-là. Total n’est pas le seul groupe pétrolier à vouloir se lancer dans l’aventure du gaz de schiste en dehors des frontières de son pays. Les majors anglo-saxons en font de même.

Alors de grâce, Monsieur le Président, évitez à ce pauvre peuple algérien une nouvelle catastrophe. Ne trouvez-vous pas qu’il a suffisamment souffert après avoir subi 132 années de colonialisme, après avoir payé un lourd tribu de quelques centaines de milliers de morts durant les 7 années et demie de la guerre de libération, après que 200 000 de ses enfants ont laissé leurs vies lors d’une guerre civile qui ne dit pas son nom, après que votre régime a décidé d’innocenter les auteurs de tous bords des atrocités commises durant cette période, puis enfin après que la Cosa Nostra qui constitue l’ossature de votre pouvoir a dépouillé, avec votre bénédiction, ce pauvre peuple d’une richesse que la Nature a attribuée à toute la nation algérienne et pas uniquement à la caste que vous et vos maîtres de l’ombre avez constituée autour de vous ? Le gaz de schiste présent dans notre pays n’est pas votre propriété privée, vous ne pouvez donc pas en disposer et l’utiliser comme bon vous semble, comme vous le faites, Monsieur le Président.


Venons-en maintenant à l’aspect économique de la question. Aux Etats-Unis, pays pionnier en ce domaine, nombre de compagnies ont démarré voici plusieurs années une telle activité. Pour des raisons purement économiques bien entendu, puisqu’il n’y a - nous le savons tous - qu’un seul dieu qu’elles adorent, un dieu qui s’appelle Dollar. Or, les dollars n’étaient pas au rendez-vous, en tout cas pas autant qu’elles l’auraient souhaité. Pour une raison bien simple : les découvertes qu’elles avaient faites ne constituaient pas des gisements au sens où on l’entend habituellement ; ce ne sont que des poches de gaz qui recèlent des quantités qui ne justifient pas les énormes investissements qu’elles ont consentis pour les exploiter. 

Ceci est, sachez-le Monsieur le Président, un phénomène normal et connu en la matière, car la technique utilisée à ce jour ne permet de fracturer qu’une zone limitée et de ne drainer donc qu’un volume relativement restreint de gaz. Si l’on veut produire plus, il faudrait forer un nombre beaucoup plus grand de puits horizontaux, donc plus compliqués et plus chers, ce qui rendrait l’opération non rentable. Tant et si bien que nombreuses sont celles parmi ces compagnies, qui avaient sollicité des crédits bancaires pour lancer leurs opérations, qui aujourd’hui éprouvent de grosses difficultés à honorer leurs engagements de remboursement. Certaines ont dû tout simplement mettre la clé sous le paillasson, cesser toute exploitation de gaz de schiste. Certains experts disent même que cette histoire de gaz de schiste n’est, dans l’état actuel des connaissances, qu’une opération purement spéculative, une bulle qui finira par éclater un jour. 

Pourquoi, me diriez-vous alors, voudraient-elles démarrer en Algérie, une activité similaire à celle qui n’avait pas fonctionné comme elles l’auraient voulu chez elles ? Elles pensent probablement, que la configuration géologique du Sahara, la nature des roches qu’on y rencontre et la sédimentation qu’elles ont subie durant plusieurs millénaires rendent les gisements plus prolifiques qu’ils ne le sont dans les Montagnes Rocheuses du Colorado ou dans les plaines de l’Oklahoma. Elles sont surtout convaincues que la règlementation algérienne en matière d’écologie et d’environnement – dans la mesure où il en existe une - est moins contraignante qu’elle ne l’est aux Etats-Unis, ce qui rendrait rentable l’exploitation. Et puis, elles savent, qu’en tout état de cause, un gros paquet de dollars versés au compte du « parrain » du secteur, intronisé par votre régime, permettra de régler la question. Enfin, la dernière raison qui pousserait ces entreprises à venir exploiter notre gaz de schiste est celle déjà évoquée plus haut, à savoir que l’Algérie constituerait pour elles un laboratoire d’essais. 

Quoiqu’il en soit, sachez Monsieur le Président, que les techniques que l’on utilise jusqu’à ce jour pour extraire le gaz de schiste en font une activité dévoreuse de capitaux. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que des milliards de dollars se mettent à pleuvoir sur les caisses du Trésor algérien, comme on vous l’a fait peut-être miroiter. On n’est pas aujourd’hui, comme on l’était en 1956, à la veille de la découverte d’un nouvel Eldorado au Sahara. Aussi, vous dirais-je que si ce qui motive votre décision c’est - comme je le suppose - le fait que l’Algérie va se trouver très bientôt dans l’impossibilité d’honorer ses engagements en matière de livraison de gaz naturel au marché intérieur et à l’exportation, la parade est pourtant simple. Engagez, tout d’abord, Monsieur le Président, une lutte impitoyable contre la corruption dans le secteur pétrolier, dans celui de la construction des autoroutes ou celui des caisses agricoles et vous économiserez immédiatement et au minimum, une bonne dizaine de milliards de dollars par an, qui viendront compenser les pertes qui résulteraient d’une éventuelle non livraison de gaz à certains clients. 

Demandez l’avis de Chakib Khelil, de Amar Ghoul, de Amar Saâdani et celui de votre frère Saïd sur la question, ils vous éclaireront certainement plus que je ne peux le faire Entreprenez également et dans les plus brefs délais une étude sérieuse du modèle énergétique que devrait adopter l’Algérie. Vous constaterez que l’on y produit des quantités de pétrole et de gaz qui ne sont nullement en adéquation avec les besoins financiers réels du pays, qu’une énorme gabegie règne dans ce secteur, que les recettes engrangées par les ventes d’hydrocarbures ne sont qu’un grand cache-misère qui donne l’impression que les Algériens vivent dans l’opulence, si l’on se réfère à la quantité et à la variété des produits que l’on trouve sur le marché. L’essentiel et le superflu, mais le tout entièrement manufacturé ailleurs. 

Vous parlez de plans quinquennaux ? Faites alors en sorte que par une série de mesures que vous adopterez dans le cadre de ces plans, une partie au moins de ces marchandises soit produite dans le pays. Et puis posez-vous la question, Monsieur le Président : l’Algérie est-elle condamnée à demeurer ad vitam aeternam un simple fournisseur d’énergie ? Et même si la réponse à cette question était « Oui », ce dont je doute personnellement, n’existe-t-il pas dans le pays d’autres sources d’énergie que les hydrocarbures, qu’ils soient conventionnels ou non ? Quid par exemple de l’énergie solaire dans un pays dont les 4/5 de la superficie sont inondés de soleil pratiquement 365 jours par an ?


À tous les Algériens : arrêtez la minuterie de cette bombe à retardement


C’est maintenant à vous, mes compatriotes que je m’adresse. C’est pour faire savoir à toutes les Algériennes et à tous les Algériens quel sera le triste sort que réserve le régime en place aux générations futures, que j’ai interpellé d’une manière aussi violente, dira-t-on peut-être, le Président de la République. C’est animé d’une grande révolte et avec une énorme tristesse sur le coeur que j’ai écrit ces lignes. Encore que je n’ai pas décrit tous les dangers qui guettent notre pays et notre peuple. D’autres que moi se sont exprimés sur la question ces derniers temps ; il suffit simplement de lire ce qui a été publié sur le sujet par la presse algérienne dans le courant de la semaine écoulée pour se rendre compte que je n’ai nullement exagéré la description de la bombe à retardement que le gouvernement vient de planter au coeur du système hydrique de notre pays. Comme toute bombe à retardement, ce n’est pas dans l’immédiat qu’elle explosera ; c’est sur la durée que se feront sentir ses effets. Celle-ci est particulièrement traîtresse et pernicieuse ; c’est petit à petit et par petites doses presque imperceptibles qu’elle distillera son poison. Mais une fois qu’elle aura entamé son processus de destruction, plus rien ni personne ne l’arrêtera. Ce sera l’apocalypse, mais ce sera trop tard. 

C’est pourquoi je dis à tous les Algériens que c’est maintenant qu’il faut agir, c’est aujourd’hui qu’il faut empêcher qu’un tel crime soit commis contre notre descendance, contre nos enfants, contre nos petits-enfants et contre ceux qui arriveront plus tard. Je sais que les termes que j’ai utilisés sont très durs et je sais que je prends des risques en dénonçant de cette manière l’infamie que le régime s’apprête à accomplir en notre nom à tous. Je sais que l’on va m’accuser de tous les maux et de tous les vices de la terre. On les inventera s’il le faut. Je n’irai pas jusqu’à dire comme Amar Saâdani que s’il devait m’arriver quelque chose, c’est Tewfik ou quelqu’un d’autre qui en sera responsable. Je ne pouvais cependant pas me taire, car je sais quelles seront, sur le long terme, les conséquences de la décision prise lors de la dernière séance du conseil des ministres. 

C’est pourquoi je dis aux Algériens, à tous les Algériens, indignez-vous. Faites des pétitions, faites des manifestations, faites en sorte que le Président de la République renonce à cette fausse bonne idée d’accorder son feu vert à l’exploitation du gaz de schiste. Agissez de telle manière qu’il fasse ce qu’il a été poussé à faire en 2006 quand sous la pression à laquelle il a été soumis de toutes parts, il a été amené à renoncer à mettre en vigueur la loi scélérate sur les hydrocarbures de Chakib Khelil et ce malgré le soutien de la première puissance mondiale. Je suis pour ma part fier d’avoir alors participé par certains de mes écrits, pour une part aussi minime soit-elle, à la victoire qui a permis au peuple algérien de préserver ses richesses en hydrocarbures de la prédation par les multinationales pétrolières à laquelle les avait condamnées cette loi.


Alors je vous dis, Algériennes, Algériens, unissez-vous, obligez le pouvoir en place à renoncer à ce suicide collectif qu’il cherche à nous imposer. Indignez-vous ! Indignez-vous ! Indignez-vous !


Documents joints

GAZ DE SCHISTE, SUICIDE ANTINATIONAL : C’EST MAINTENANT QU’IL FAUT AGIR ! (PDF – 386 ko)

ALGÉRIENS, INDIGNEZ-VOUS … ! - Adresse à Monsieur le Président de la République - Par Hocine Malti - le 27 mai 2014


Notes


[1] Voir « Sonatrach, 50 ans après » , par Hocine Malti, in mon blog sur “Mediapart”, in “Algeria Watch”, 22 décembre 2013, in “El Watan”, 23 décembre 2013 et autres.






[2] Il s’agit, vous m’avez compris, des généraux janviéristes qui vous ont installé à la tête de l’Etat.